PREHISTOIRE
Les
premières
traces de présences
humaines en
Alsace sont
très
rares. Il s'agit
surtout de
restes d'ossements,
de silex, de
poteries. Mais
l'Alsace ne
présente
rien d'original
correspondant à cette
période.
Les sites où des
restes préhistoriques
ont été retrouvés
se situent
aux alentours
de Ferrette,
de Bollwiller,
d'Eguisheim
et dans
une grotte
d'Oberlarg
(Sundgau).
L'ANTIQUITE
Les
Celtes apparaissent
en Alsace au
cours du IIème
millénaire
av. J.-C. L'Alsace
est alors une
terre de transition
pour les Celtes
migrant vers
le sud de l'Europe.
Les Celtes
s'établissent
définitivement
au cours du
VIIIe siècle
avant notre ère.
l'Alsace était
divisée
entre deux
tribus celtes
: les Séquanes
et les Eduens.
Ces deux peuples
sont affaiblis
par l'installation
d'une peuplade
germanique
dans la région,
les Suèves,
sous le commandement
d'Arioviste.
Ceux-ci domineront
la totalité de
la plaine en
l'an -63.
Au
cours de
l'année
-58, les troupes
romaines de
Jules César
pénètrent
en Alsace afin
de soumettre
la totalité de
la Gaule et
battent les
Germains dans
les alentours
de Cernay.
Les Triboques,
tribu celto-germanique
issu des Suèves,
s'installe
dans le nord
de l'Alsace
aux environs
de Brumath.
La conquête
de l'Alsace
par les Romains
est suivie
d'une période
de paix longue
de cinq siècles.
C'est à cette
période
que se développent
les premières
villes (Strasbourg
est fondée
sous le nom
d'Argentorate),
les premières
routes, et
surtout la
viticulture.
La latinisation,
puis la christianisation
de l'Alsace
se déroulent
dans un climat
de paix.
La
période
de paix est
interrompue
avec les invasions
barbares dans
l'Empire romain à partir
du Ve siècle.
Les Romains
sont chassés
définitivement
en 378 d'Alsace
et les Alamans
s'installeront
pour y répandre
leur culture
et construire
des villes.
Les Alamans
importent avec
eux leur langue
qui deviendra
le dialecte
alsacien parlé de
nos jours dans
la région.
Ils entrent
en conflit
avec les Francs,
peuple germanique
s'étant
installé dans
le nord de
la France actuelle.
Les Francs
battent les
Alamans à Tolbiac
en 496. Les
Alamans restent
prédominants
en Alsace,
malgré leur
incorporation
dans le Royaume
Franc de Clovis.
Après
la mort de
Clovis (511),
l'Alsace fait
partie du royaume
d'Austrasie.
MOYEN-AGE
L'époque
mérovingienne
est marquée
par une certaine
régression
sociale, et
la multiplication
des guerres
protoféodales,
encouragées
par la coutume
germanique
de la division
des héritages.
Après
l'épisode
final des Rois
fainéants,
la dynastie
carolingienne
rend à l'Alsace
une certaine
prospérité.
La christianisation
est relancée
avec la construction
de nombreux
monastères,
abbayes et
couvents :
Marmoutier,
Wissembourg,
Murbach, Munster,
Hohenbourg
(ou Mont Sainte-Odile)
dont Sainte
Odile, sainte
patronne de
l'Alsace fut
la première
abbesse. La
viticulture
devient une
des principales
activités économiques
de la région,
dont la situation
centrale profite également
de l'extension
des marchés
au sein de
l'Empire.
Après
la mort de
Louis le Pieux,
successeur
de Charlemagne,
son royaume
est divisé entre
ses fils. C'est
en Alsace que
deux d'entre
eux, Charles
II le Chauve
et Louis le
Germanique
s'allient contre
le troisième,
Lothaire Ier
lors des Serments
de Strasbourg
(842), premier
monument de
la langue romane.
En 870, après
la mort de
Lothaire II
(en ignorant
les droits
de son frère
Louis II le
Jeune), les
deux partagent
la Lotharingie
(traité de
Meerssen):
la région
alsacienne
est alors rattachée à la
Francie orientale,
ancêtre
de l'Allemagne.
Durant
huit siècles,
le sort de
l'Alsace est
indissociable
du monde allemand.
Les possessions
de ses seigneurs
(notamment
les Habsbourg
et les Hanau-Lichtenberg)
sont profondément
imbriquées
avec le Palatinat
et le Bade.
Le XIIIe siècle
voit se développer
un mouvement
d'émancipation
des villes
: le pouvoir
temporel des évêques
est supplanté par
des institutions
bourgeoises.
Cet essor de
la vie municipale
s'exprime dans
la prospérité de
Strasbourg
et dans la
formation de
la ligue des
villes libres
de la Décapole,
sous la présidence
de Haguenau. À la
fin du Moyen-Âge,
l'Alsace ne
dispose toujours
d'aucune définition
politique ni
historique
susceptible
de remédier à son
manque d'unité territoriale.
RENAISSANCE
ET PERIODE
MODERNE
Renaissance
artistique
Au
XVe siècle,
la Renaissance
fit sentir
ses premiers
effets en Alsace
plus tôt
qu'en France.
En effet, la
région était à l'écart
de la guerre
de Cent Ans
qui ravageait
la France au
début
du siècle.
Cette période
vit un développement
culturel à Strasbourg,
ville d'humanistes,
de savants,
d'artistes
(Hans Baldung
Grien), et à Colmar,
avec par exemple
le peintre
Martin Schongauer,
de l'école
flamande. En
architecture,
on trouve encore
des constructions
de style gothique,
dit flamboyant,
comme la collégiale
de Thann.
Révoltes
populaires
A
partir de
la fin du XVe
siècle,
et dans la
première
moitié du
XVIe siècle,
l'Alsace est
le théâtre
de révoltes
populaires.
Un premier
mouvement de
révolte,
le Bundschuh, éclate à Sélestat.
Il commence
en 1493, et
se généralise à toutes
les régions
du Rhin supérieur
en 1517.
Des
mesures prises
contre
les prédicateurs
luthériens
provoquèrent
en 1525 un
soulèvement
général
contre les
seigneurs laïcs
et ecclésiastiques,
qui se répandit
très
rapidement
dans toute
la région.
Ce soulèvement,
connu sous
le nom de révolte
des paysans,
fut sévérement
réprimé par
le duc Antoine
de Lorraine.
Réforme
La
Réforme
commença à Strasbourg
avant 1520,
par la diffusion
des écrits
de Luther et
d'autres réformateurs.
Elle s'étendit
dans la plus
grande partie
de l'Alsace.
Le principe
Cujus regio,
ejus religio,
l'emporta,
surtout après
la paix d'Augsbourg
(1555).
Guerre de
Trente Ans
L'Alsace
fut la seule
région
de France qui
eut à souffrir
de la guerre
de Trente Ans
(1618-1648).
Cette guerre
fut particulièrement
destructrice
en Alsace.
Elle commença
en 1621, avec
l'invasion
du nord de
la région
(Wissembourg,
Haguenau) pillées
par les troupes
d'Ernst de
Mansfeld, l'un
des généraux
de Frédéric
V. Cette guerre
se poursuivit
avec l'arrivée
des troupes
suédoises
en Alsace,
où elles
pillèrent
la région
(1632-1634)
qui fut par
la suite occupée
par les troupes
françaises
du cardinal
de Richelieu.
Les places
occupées
par les Suédois
passèrent à la
France par
un traité signé à Strasbourg
(1634).
Les
années
les plus dures,
entre 1635
et 1648, virent
plusieurs armées
déferler
: Impériaux,
Croates, Polonais,
Lorrains, Français,
Suédois,
Espagnols.
Pillages et
destructions
de villages,
puis la famine
et la peste
finirent de
ravager la
région
qui perdit
une partie
importante
de la population.
Avec le traité de
Westphalie
(1648), la
région
fut finalement
rattachée à la
France, à l'exception
d'une dizaine
de villes qui
restèrent
villes impériales
"Décapole"
(alliance
de dix villes
libres alsaciennes
au sein du
Saint-Empire
romain germanique
en une ligue
fondée
en 1354 et
dissoute en
1679)
Repeuplement
et administration
française
La
France mit
en place un
Conseil souverain
d'Alsace pour
asseoir sa
présence
(1658).
La
mortalité lors
des années
de guerre fut
telle que Louis
XIV invita
des étrangers à venir
dans la région
pour la repeupler,
par un édit
de 1662. C'est
ainsi que de
nombreux villages
prirent des
noms à consonance
française,
et non germanique
: par exemple,
Diedolshausen
devint Bonhomme,
Urbeis devint
Orbey, etc...
La
France continua
les
annexions :
le maréchal
de Turenne
battit les
Impériaux à la
bataille de
Turckheim (1675),
et la France
annexa les
dernières
villes (Strasbourg
en 1681). Toutefois,
de nombreux
territoires
appartenaient
encore à des
seigneurs,
le plus souvent
de l'Empire,
qui reconnaissaient
la suzeraineté du
roi de France.
Cette particularité des
princes possessionnés
fut une des
causes de la
déclaration
de guerre contre
l'Autriche
en 1792.
Amélioration
de la situation
au XVIIIe siècle
Le
XVIIIe siècle
fut marqué par
un longue période
de paix et
de prospérité,
dont témoigne
l'architecture
des nombreux
villages du
vignoble alsacien.
L'esprit de
tolérance
gagna du terrain,
et les luttes
contre le protestantisme
s'assagirent.
Il y avait
en
Alsace une
communauté relativement
importante
de Juifs, dont
la situation était
meilleure que
dans le reste
du Royaume.
Cependant,
les Juifs n'étaient
pas aimés
par la population,
souvent en
raison de l'usure,
le prêt à intérêt étant
en principe
interdit à cette époque.
En 1780, la
population
juive en Alsace était
de 20 000 personnes.
Après
la défaite
française
lors de la
guerre franco-allemande
de 1870, l'Alsace
(sauf l'arrondissement
devenu Territoire
de Belfort)
est rattachée à l'Allemagne
avec l'actuel
département
de la Moselle.
Cet ensemble
devient une
province au
statut particulier
au sein de
l'Empire germanique
entre 1871
et 1918.
Le
retour à la
France est
suspendu pendant
la Seconde
Guerre mondiale
où la
région
est de nouveau
sous administation
allemande.