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Ratkoff chez Tailouana

Obernai (oeuvre © Georges RATKOFF)

 

L'ALSACE ET SON HISTOIRE

PREHISTOIRE

Les premières traces de présences humaines en Alsace sont très rares. Il s'agit surtout de restes d'ossements, de silex, de poteries. Mais l'Alsace ne présente rien d'original correspondant à cette période. Les sites où des restes préhistoriques ont été retrouvés se situent aux alentours de Ferrette, de Bollwiller, d'Eguisheim et dans une grotte d'Oberlarg (Sundgau).


L'ANTIQUITE

Les Celtes apparaissent en Alsace au cours du IIème millénaire av. J.-C. L'Alsace est alors une terre de transition pour les Celtes migrant vers le sud de l'Europe. Les Celtes s'établissent définitivement au cours du VIIIe siècle avant notre ère. l'Alsace était divisée entre deux tribus celtes : les Séquanes et les Eduens. Ces deux peuples sont affaiblis par l'installation d'une peuplade germanique dans la région, les Suèves, sous le commandement d'Arioviste. Ceux-ci domineront la totalité de la plaine en l'an -63.

Au cours de l'année -58, les troupes romaines de Jules César pénètrent en Alsace afin de soumettre la totalité de la Gaule et battent les Germains dans les alentours de Cernay. Les Triboques, tribu celto-germanique issu des Suèves, s'installe dans le nord de l'Alsace aux environs de Brumath. La conquête de l'Alsace par les Romains est suivie d'une période de paix longue de cinq siècles. C'est à cette période que se développent les premières villes (Strasbourg est fondée sous le nom d'Argentorate), les premières routes, et surtout la viticulture. La latinisation, puis la christianisation de l'Alsace se déroulent dans un climat de paix.

La période de paix est interrompue avec les invasions barbares dans l'Empire romain à partir du Ve siècle. Les Romains sont chassés définitivement en 378 d'Alsace et les Alamans s'installeront pour y répandre leur culture et construire des villes. Les Alamans importent avec eux leur langue qui deviendra le dialecte alsacien parlé de nos jours dans la région. Ils entrent en conflit avec les Francs, peuple germanique s'étant installé dans le nord de la France actuelle. Les Francs battent les Alamans à Tolbiac en 496. Les Alamans restent prédominants en Alsace, malgré leur incorporation dans le Royaume Franc de Clovis. Après la mort de Clovis (511), l'Alsace fait partie du royaume d'Austrasie.


MOYEN-AGE

L'époque mérovingienne est marquée par une certaine régression sociale, et la multiplication des guerres protoféodales, encouragées par la coutume germanique de la division des héritages. Après l'épisode final des Rois fainéants, la dynastie carolingienne rend à l'Alsace une certaine prospérité. La christianisation est relancée avec la construction de nombreux monastères, abbayes et couvents : Marmoutier, Wissembourg, Murbach, Munster, Hohenbourg (ou Mont Sainte-Odile) dont Sainte Odile, sainte patronne de l'Alsace fut la première abbesse. La viticulture devient une des principales activités économiques de la région, dont la situation centrale profite également de l'extension des marchés au sein de l'Empire.

Après la mort de Louis le Pieux, successeur de Charlemagne, son royaume est divisé entre ses fils. C'est en Alsace que deux d'entre eux, Charles II le Chauve et Louis le Germanique s'allient contre le troisième, Lothaire Ier lors des Serments de Strasbourg (842), premier monument de la langue romane. En 870, après la mort de Lothaire II (en ignorant les droits de son frère Louis II le Jeune), les deux partagent la Lotharingie (traité de Meerssen): la région alsacienne est alors rattachée à la Francie orientale, ancêtre de l'Allemagne.

Durant huit siècles, le sort de l'Alsace est indissociable du monde allemand. Les possessions de ses seigneurs (notamment les Habsbourg et les Hanau-Lichtenberg) sont profondément imbriquées avec le Palatinat et le Bade. Le XIIIe siècle voit se développer un mouvement d'émancipation des villes : le pouvoir temporel des évêques est supplanté par des institutions bourgeoises. Cet essor de la vie municipale s'exprime dans la prospérité de Strasbourg et dans la formation de la ligue des villes libres de la Décapole, sous la présidence de Haguenau. À la fin du Moyen-Âge, l'Alsace ne dispose toujours d'aucune définition politique ni historique susceptible de remédier à son manque d'unité territoriale.


RENAISSANCE ET PERIODE MODERNE

Renaissance artistique

Au XVe siècle, la Renaissance fit sentir ses premiers effets en Alsace plus tôt qu'en France. En effet, la région était à l'écart de la guerre de Cent Ans qui ravageait la France au début du siècle. Cette période vit un développement culturel à Strasbourg, ville d'humanistes, de savants, d'artistes (Hans Baldung Grien), et à Colmar, avec par exemple le peintre Martin Schongauer, de l'école flamande. En architecture, on trouve encore des constructions de style gothique, dit flamboyant, comme la collégiale de Thann.

Révoltes populaires

A partir de la fin du XVe siècle, et dans la première moitié du XVIe siècle, l'Alsace est le théâtre de révoltes populaires. Un premier mouvement de révolte, le Bundschuh, éclate à Sélestat. Il commence en 1493, et se généralise à toutes les régions du Rhin supérieur en 1517.

Des mesures prises contre les prédicateurs luthériens provoquèrent en 1525 un soulèvement général contre les seigneurs laïcs et ecclésiastiques, qui se répandit très rapidement dans toute la région. Ce soulèvement, connu sous le nom de révolte des paysans, fut sévérement réprimé par le duc Antoine de Lorraine.

Réforme

La Réforme commença à Strasbourg avant 1520, par la diffusion des écrits de Luther et d'autres réformateurs. Elle s'étendit dans la plus grande partie de l'Alsace. Le principe Cujus regio, ejus religio, l'emporta, surtout après la paix d'Augsbourg (1555).

Guerre de Trente Ans

L'Alsace fut la seule région de France qui eut à souffrir de la guerre de Trente Ans (1618-1648). Cette guerre fut particulièrement destructrice en Alsace. Elle commença en 1621, avec l'invasion du nord de la région (Wissembourg, Haguenau) pillées par les troupes d'Ernst de Mansfeld, l'un des généraux de Frédéric V. Cette guerre se poursuivit avec l'arrivée des troupes suédoises en Alsace, où elles pillèrent la région (1632-1634) qui fut par la suite occupée par les troupes françaises du cardinal de Richelieu. Les places occupées par les Suédois passèrent à la France par un traité signé à Strasbourg (1634).

Les années les plus dures, entre 1635 et 1648, virent plusieurs armées déferler : Impériaux, Croates, Polonais, Lorrains, Français, Suédois, Espagnols. Pillages et destructions de villages, puis la famine et la peste finirent de ravager la région qui perdit une partie importante de la population. Avec le traité de Westphalie (1648), la région fut finalement rattachée à la France, à l'exception d'une dizaine de villes qui restèrent villes impériales "Décapole" (alliance de dix villes libres alsaciennes au sein du Saint-Empire romain germanique en une ligue fondée en 1354 et dissoute en 1679)

Repeuplement et administration française

La France mit en place un Conseil souverain d'Alsace pour asseoir sa présence (1658).

La mortalité lors des années de guerre fut telle que Louis XIV invita des étrangers à venir dans la région pour la repeupler, par un édit de 1662. C'est ainsi que de nombreux villages prirent des noms à consonance française, et non germanique : par exemple, Diedolshausen devint Bonhomme, Urbeis devint Orbey, etc...

La France continua les annexions : le maréchal de Turenne battit les Impériaux à la bataille de Turckheim (1675), et la France annexa les dernières villes (Strasbourg en 1681). Toutefois, de nombreux territoires appartenaient encore à des seigneurs, le plus souvent de l'Empire, qui reconnaissaient la suzeraineté du roi de France. Cette particularité des princes possessionnés fut une des causes de la déclaration de guerre contre l'Autriche en 1792.

Amélioration de la situation au XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle fut marqué par un longue période de paix et de prospérité, dont témoigne l'architecture des nombreux villages du vignoble alsacien. L'esprit de tolérance gagna du terrain, et les luttes contre le protestantisme s'assagirent. Il y avait en Alsace une communauté relativement importante de Juifs, dont la situation était meilleure que dans le reste du Royaume. Cependant, les Juifs n'étaient pas aimés par la population, souvent en raison de l'usure, le prêt à intérêt étant en principe interdit à cette époque. En 1780, la population juive en Alsace était de 20 000 personnes.

Après la défaite française lors de la guerre franco-allemande de 1870, l'Alsace (sauf l'arrondissement devenu Territoire de Belfort) est rattachée à l'Allemagne avec l'actuel département de la Moselle. Cet ensemble devient une province au statut particulier au sein de l'Empire germanique entre 1871 et 1918.

Le retour à la France est suspendu pendant la Seconde Guerre mondiale où la région est de nouveau sous administation allemande.

Les écussons représentatifs de l'Alsace

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