En
Provence, entre
Lubéron et Monts
de Vaucluse, Roussillon
scintille sous une
lumière toute
ocrée.
Le village est classé parmi
les plus beaux de
France, il ne ressemble à aucun
autre.
Situé au coeur
du plus important
gisement d'ocre du
monde, il clame sa
singularité minérale
par une étonnante
palette de couleurs
flamboyantes.
On
la ressent pleinement
en empruntant le
Sentier des Ocres,
conduisant à la
"Chaussée
des géants ",
au milieu des cheminées
de fées et
d'une suite de sites
grandioses sculptés
par l'eau, le vent
et la main de l'homme.
Situé au
coeur du plus important
gisement ocrier du
monde, Roussillon
doit sa célébrité à ses
magnifiques falaises
et à ses impressionnantes
carrières
d'ocre. Les rouges,
les jaunes et marrons
se déclinent
avec contraste au
milieu des riches
pinèdes verdoyantes.
Au dessus, le bleu
pur du ciel de Provence
apporte une lumière
d'une qualité exceptionnelle,
comme pour mieux
mettre en valeur
le tableau. Ce site
magique ressemble à une
palette de peintre,
les infinies combinaisons
de couleurs varient
du jaune au violet
le plus sombre en
passant par toutes
les nuances de rose
et de rouge.
Parcourir
le sentier des
Ocres est une
merveille géologique.
L'étroit chemin
descend et la vue
est magnifique au
milieu d'une végétation
d'un vert profond
qui tranche sur la
terre rouge. Mais
pourquoi est-elle
si rouge ? Il y a
plus de deux cents
millions d'années,
la mer était
là. Au fond
de ce vallon s'accumulent
du calcaire, de l'argile
et des sables verts.
Le niveau baisse
et le sol bouge,
la mer se retire.
Il fait très
chaud mais il pleut
beaucoup : le sable
blanchit car les
particules vertes
sont emportées,
et à leur
place se glisse un
autre sable de ton
ocre, la goethite.
Et cette base ferreuse
se concentre ensuite
pour former la même
latérite qu'en
Afrique. Tout autour
se trouvent des pins
d'Alep, des pins
maritimes et des
pins sylvestres.
L'ocre,
utilisée
depuis la préhistoire,
exploitée
depuis l'occupation
de la Provence par
les romains, n'est
véritablement
devenue un produit
industriel que grâce à l'intuition
du roussillonnais
Jean-Etienne Astier.
C'est lui qui, à la
fin du 18ème
siècle, eut
l'idée de
laver les sables
ocreux, pour en extraire
le pigment pur. Fortement
concurrencée
par les colorants
synthétiques,
l'ocre naturelle
demeure pourtant,
dans certaines de
ses utilisations,
un produit inégalable.
De
nombreux artistes
ont naturellement été séduits
par Roussillon :
Jean
Cocteau, Carzou,
Buffet, Ambrogiani...et
bien d'autres encore. |