Appelés
selon les pays
où ils séjournent
le plus fréquemment
: gitans, zingari,
gypsies, manouches,
kalderas, bohémiens,
voir « romanichels »,
les Tziganes (nom
générique
désignant
l’ensemble
de la race), comptent
actuellement quelque
cinq à six
millions d’individus,
répartis
sur la quasitotalité du
globe.
Originaires
probablement de l’Inde,
les Tziganes se répandirent
en Asie et dans le
Proche-Orient, au
cours des grandes
migrations indoeuropéennes.
Ils apparurent en
Europe Centrale vers
la fin du XIVème
siècle, puis
en Europe Occidendale
au XVème siècle.
Ils furent à cette époque,
appelés Egyptiens
et confondus à tort
avec les vagabonds
et faux pèlerins.
Forgerons et chaudronniers
errants (certains
d’entre eux
prétendaient être
les descendants du
légendaire
Tubal-Caïn)
baladins et surtout
musiciens, les Tziganes
se transmirent de
siècle en
siècle, un
riche bagage oral
de légendes
et de traditions.
D’où le
charme intemporel
qui se dégage
de leur narration
et la lecture des
contes les plus représentatifs
de leur folklore
si attachant et original.
Au
contact des peuples,
dont ils traversaient
les pays sans s’y
mêler jamais,
les Tziganes recueillirent
pourtant matière à alimenter
(après assimilation
et transformation
totales) un patrimoine
légendaire,
déjà abondant
et fort varié.
Ainsi dans leurs
contes, on percoît
en filigrane, thèmes
et représentations
provenant :
Des mythologies indienne et gréco-latine,
De la tradition chrétienne,
Des contes arabes ou de récits populaires allemands, russes, bohémiens,
Et des pays de langue française (le Fin Voleur par exemple).
Les
composants de l’esprit
tzigane sont : amour
de la musique, humour,
indépendance,
modestie (si mal
comprise, d’ailleurs
par les « gadjas » : étrangers),
goût prononcé pour
les opérations
magiques et surtout,
amour de la liberté.
Si
le nom tzigane demeure
toujours auréolé de
mystère et
de romantisme, ceci
vient du fait qu’il
est, même aujourd’hui,
toujours aussi difficile
de pénétrer
dans les tribus tziganes
et de les regarder
vivre, ou mieux,
de faire parler les
Tziganes sur eux-mêmes.

TRADITIONS
ET RELIGIONS
Le
trident de ShivaOn
a suggéré que,
lorqu'ils étaient
encore en Inde,
les Roms étaient
hindouistes, le
mot romani pour "croix",
trushul, est le
même mot
que le sanscrit "trishula" qui
désigne
le trident de Shiva.
Les
Rroms ont adopté la
religion dominante
du pays où ils
se trouvaient, en
gardant souvent leur
système spécial
de croyances. La
plupart des Rroms
sont catholiques,
orthodoxes ou musulmans.
Ceux qui se trouvent
en Europe de l'Ouest
ou aux États-Unis
d'Amérique
sont soit catholiques,
soit protestants.
En Amérique
latine, beaucoup
ont gardé leur
religion européenne,
la plupart sont orthodoxes.
En Turquie, en Égypte
et dans le sud des
Balkans, ils sont
souvent musulmans.
La religion Rrom
a développé un
sens aigu de la moralité,
des interdits, et
du surnaturel, bien
que ce dernier soit
souvent dénigré par
les religions organisées.
Après
la Seconde Guerre
mondiale, un nombre
croissant de Rroms
rejoint des mouvements évangéliques,
et pour la première
fois, des Rroms s'engagent
comme chefs religieux,
en créant
leurs propres églises
et organisations
missionnaires. Dans
certains pays, la
majorité des
Rroms appartiennent
maintenant à des Églises
Rroms. Ce changement
imprévu à contribué grandement à l'amélioration
de leur image dans
la société.
Le travail qu'ils
font est perçu
comme plus légitime,
et ils ont commencé à obtenir
des permis légaux
pour exercer leurs
activités
commerciales.
Des églises
Rroms évangéliques
existent aujourd'hui
dans chaque pays
où les Rroms
se sont installés.
Le mouvement est
particulièrement
fort en France et
en Espagne (dans
ce dernier pays,
il y a plus d'un
millier d'églises
Roms, appelées "Filadelfia",
dont déjà une
centaine à Madrid).
En Allemagne, le
groupe le plus nombreux
est celui des Rroms
polonais, qui ont
leur église
principale à Mannheim.
D'autres assemblées
importantes et nombreuses
existent à Los
Angeles, Houston,
Buenos Aires et Mexico.
Quelques groupes
de Roumanie et du
Chili ont rejoint
l'Église adventiste
du septième
jour.
Dans
les Balkans, les
Rroms de Macédoine
et du Kosovo ont été particulièrement
actifs dans les fraternités
mystiques (Soufisme).
Les immigrants Rroms
musulmans vers l'Europe
de l'Ouest et vers
les États-Unis
ont apporté ces
traditions avec eux.

CROYANCES
ET CONNOTATIONS PROPHETIQUES
Même
lorsque les Tsiganes
rejoignent au fil des
siècles telle
ou telle religion,
ils n'oublient par
leurs origines. Celles-ci
remontent très
loin dans le passé et
la mythologie, et ce
qui est parfois devenu
ailleurs folklore ou
superstition demeure
souvent chez eux une
croyance véritable.
La principale, fréquente
chez les peuples ayant
souffert de rejets
et de déportations,
est l'espérance
d'être un jour
tous réunis.
Cette espérance
prend, dans les croyances,
un tour prophétique
: au rassemblement
ultime sur un lieu
d'origine mythique
est associée
la fin du monde actuel,
d'où doit ressortir
un monde meilleur.

LA
MUSIQUE
(violoniste
tzigane)
La
musique tzigane
est une musique
relativement répandue
dans toute l’Europe.
D’une façon
courante, on l’associe à la
Hongrie. Elle s’inspire
souvent des airs
populaires de différents
pays et, lors de
l’exécution,
elle est marquée
par une ardeur
teintée
de langueur, par
des syncopes et
par un jeu d’archet
très brillant.
Au début,
cette musique était
jouée par
un petit orchestre
sous la direction
d’un " primas ".
Maintenant l’orchestre
est plus important.
La musique Tzigane
qui menace actuellement
de s’amenuiser
et de se commercialiser
a eu des compositeurs
remarquables comme
Janos Bihary (1764-1827)
; elle a influencé Brahms,
Liszt et Ravel,
qui a écrit
une rhapsodie pour
violon et piano
(ou orchestre)
intitulée "Tzigane" (1924).
"Tzigane" est
une rhapsodie de
concert pour violon
et orchestre composée
par Maurice Ravel
en 1924. Le compositeur
en écrivit
deux réductions,
l'une pour violon
et piano qui est
aujourd'hui la
plus jouée,
l'autre pour violon
et luthéal.
Extrêmement
ardue, l'œuvre
fait partie des
pièces les
plus virtuoses
du répertoire
violinistique. Sa
première
partie, pour violon
seul, est conçue
dans le style d'une
improvisation sur
des thèmes
tziganes chers
au compositeur.
La
musique tzigane peut être
très triste
ou très gaie.
Autrefois, les Tziganes
jouaient lors des
fêtes de village,
des foires, des mariages
; aujourd’hui,
ils donnent surtout
des spectacles dans
les hôtels.

LA
LANGUE
Le "Rromani" la
langue des Voyageurs
- qu'est-ce au
juste?
C'est
la langue des Rroms
! Elle est indiscutablement
indienne et proche
du hindi, langue
de l'Inde. Son
vocabulaire et
sa grammaire de
base sont indiens
aux trois quarts.
Le reste est constitué de
vocabulaire emprunté principalement
au persan, au grec
et ensuite aux
langues européennes
de contact. Malgré sa
prétendue
diversité dialectale,
le rromani est
une seule et même
langue et les Rroms
de Russie, d'Albanie,
de Grèce
etc. peuvent très
facilement communiquer
entre eux en rromani, à la
seule condition
de ne pas l'avoir
oublié...
La
langue rromani
est une langue
indienne, parlée
par plus de la
moitié de
la population rrom
dans le monde.
Des pans entiers
de cette population
ont du l'abandonner
suite à des
persécutions.
L'exemple le plus
emblématique
est celui des Kalé,
qui encouraient
des sévices
corporels s'ils étaient
attrapés
en train de parler
le rromani. Par
conséquent,
ils ont du abandonner
leur langue et
n'ont gardé qu'un
petit nombre de
mots, qu'ils mélangent
avec l'espagnol,
ce qui a donné naissance
au calo. Le calo était
encore utilisé dans
les flamencas il
y a quelques années.
Aujourd'hui, des
jeunes Gitanos
d'Espagne ont choisi
de réapprendre
le rromani commun,
afin de pouvoir échanger
avec les Rroms
du monde entier.
Le rromani est
aussi enseigné à l'Institut
des langues et
civilisations orientales
(Langues 'O - INALCO) à Paris,
ainsi qu'à l'université de
Bucarest. Les premiers écrits
en rromani datent
du début
du 20e siècle,
en Union soviétique.
En effet, depuis
1990, avec le 4e
Congres de l'Union
Rromani Internationale,
il dispose d'un
alphabet commun,
permettant à la
fois de respecter
toutes les variantes
parlées
du rromani et l'unification
de la langue dans
l'écrit.

LA
FAMILLE, BASE DE LA
COMMUNAUTE
(grand-mère
Manouche et ses
deux petites-filles)
Dans
la culture tzigane,
la communauté prime
sur l’individu
et la famille.
Ainsi l’individu
et la famille n’existent
qu’intégrés à des
groupes sociaux
plus larges (clan)
qui comptent entre
cent et cent cinquante
personnes en moyenne.
Toute conduite vise à conserver la réputation et l’honneur
de la famille. Une faute commise par un membre concerne toute la famille et,
de la même façon, un acte valorisant renforce le prestige de celle-ci.
La
solidarité est
une valeur fondamentale
qui assure à la
fois sécurité et
cohésion
sociale, la sanction
la plus grave est
l’exclusion
du groupe.
Il
est inconcevable
d’éloigner
de la communauté les
vieillards, les orphelins
ou les enfants qui
sont et resteront
des membres à part
entière du
groupe.

LE
MARIAGE
(mariage
tsigane - branche
hongroise)
Le
mariage, source
de la famille,
conserve ses pratiques
traditionnelles.
Elle
et lui sont très
jeunes, 14 ans
pour la jeune fille
et 17 ans pour
le jeune homme
en moyenne.
La
future épouse,
promise par ses
parents dès
son plus jeune âge,
se fait enlever
volontairement
par son prétendant.
Après leur
retour, elle se
fait "gifler" par
son père,
puis vient la fête
proprement dite.
Elle
se pare alors d’une
robe de mariée
et d’ornements
(colliers, bracelets,
boucles d’oreilles)
où l’or
domine ; elle porte
une couronne ou
un foulard. Le
foulard ou "dikl" est
le signe de la
femme mariée.
La fête dure
plusieurs jours
(3 en moyenne selon
les tribus), les
plus beaux costumes
sont mis pour ce
jour et les musiciens
des camps familles
et amis viennent
les rejoindre.
Les
mariages avec des
non-tziganes sont
tolérés
pour autant que le
conjoint accepte
de s’intégrer
et d’adopter
les us et coutumes
de la communauté tzigane.

LES
PRENOMS
Il
est dans les us et
coutumes des camps
tziganes de donner
au nouveau-né un
premier prénom
pour l’état
civil en cas de rafles
policières
(ce qui fut notamment
le cas durant la
dernière guerre
mondiale).
Le
deuxième prénom à consonnance
Indou, Slave ou autre
(tout dépend
du pays "ainsi
Django porta le prénom
de Jean"), sera
donné au bout
de quelques jours
lorsque l’entourage
aura perçu
les manières
et apparences du
bébé.
C'est ce prénom
qui seul sera utilisé et
identifiera l’enfant
au sein du camp.

LES
METIERS
(gitan
meulier)
Les
Voyageurs ont développé des
moyens de subsistance
adaptés à leur
genre de vie afin
qu'ils puissent
continuer de voyager.
Ils peuvent aller
où ils veulent. Leurs
métiers
sont compatibles
avec leur mobilité,
dont ils sont aujourd'hui
fiers et qui constitue
un Droit de l'Homme
reconnu et pour
l'exercice duquel
tous les Roms se
battent
Les
métiers très
anciens leur viennent
de l'Inde, les métaux
par exemple.
-
Les Roms Kalderach
sont spécialisés
dans le cuivre et
l'étain.
-
Les tsiganes font
leurs instruments
de musique eux-même
en travaillant le
bois.
-
Ils se déplacent
pour les travaux
saisonniers (vendanges,
récolte de
fruits et maïs).
-
Les manouches sont
connus comme ferrailleurs
et la fabrication
d'objet en osier,
on les appelles les "vanniers".
-
Sans oublier le
commerce ambulant,
la voyance, les
représentations
musicales.
Les
femmes quant à elles,
joignent l'utile à l'agréable.
En effet tout en élevant
leurs enfants elles
exécutent
les plus belles
broderies pour
les familles aisées.

LA
VIE AU CAMP
(très
vieille roulotte
appelée "wagon")
Les
caravanes ont aujourd'hui
remplacé les
roulottes.
Le
mode de vie n'a
pas grandement
changé si
ce n'est que les
enfants fréquentent
un peu plus l'école,
les musiciens forment
des groupes qui
sont reconnus.
Je
me souviens que
chacun avait sa
place dans la roulotte,
y compris les poules
et les hérissons
! Tout était
propre quoique
l'on puisse dire
d'eux, très
respectueux également
du bien-être
de chacun.
Le
dimanche, nous
avions droit à une
belle robe pour
aller à la
messe. Au retour
de cette dernière,
c'était
la fête avec
les chants et les
danses. Puis vint
le goûter,
moment inoubliable.
Tout le camp se
rassemblait et
les chants continuaient
jusqu'au moment
du repas pris en
commun.

LES
FUNERAILLES
(arbre-sagesse)
Dans
la culture des
tziganes, les rites
qui accompagnent
les funérailles
sont nombreux et
tiennent une place
importante dans
la vie de la communauté.
Ce
qui est surprenant,
c’est la
rapidité avec
laquelle les familles
et les amis sont
prévenus
du décès
d’un proche.
On
veille le mort pendant
trois jours et trois
nuits sans prendre
de nourriture ; des
lamentations, des
pleurs, des histoires
accompagnent le défunt.
L’âme
du défunt
est présente
et observe si le
comportement de chacun
est respectueux de
l’honneur qu’il
mérite .
Après
les funérailles
la caravane du défunt
est, soit brûlée,
soit vendue à un
gadjo. L’argent
est utilisé pour
financer le caveau.
Les proches gardent
un souvenir, couteau,
petit objet personnel
mais sans valeur
marchande. Ces actions
ont une valeur importante
: elles préservent
les familles en décourageant
l’âme
du défunt " le
mulo " de tourmenter
les vivants.

LA
DANSE
(danseuse
tzigane - "proche
de l'orientalisme")
Les
Tsiganes sont connus
pour la danse et
la musique, depuis
très longtemps,
depuis l'Inde.
Elle est différente
chez chaque groupe
de Voyageurs :
-
La musique tsigane
des Roms avec leurs
violons.
-
Les Gitans avec leurs
guitares, les chants
et les danses du
Flamenco.
-
Les Manouches avec
la guitare et le
violon.
La
danse est féminine,
sensuelle, tour à tour
gracieuse ou sanguine,
enjôleuse ou
prédatrice.
Une danse qui exalte
le corps féminin.
C'est le mouvement d'un coeur qui va jusqu'au bout et révèle
le mystère du désir, cadeau de Dieu toujours à rendre,
caresse de lumière, excitation sacrée, harmonie du geste.
Les
danses varient
selon les groupes,
ici une danseuse
tzigane proche
de l'orientalisme.

LE
CIRQUE
(affiche
Circus-Busch ou
les Manouches et
le cirque)
Les
Manouches sont
aussi des circassiens,
c'est-à-dire
des gens du cirque,
la famille Bouglione
par exemple.
Ils
sont dresseurs d'animaux
(fauves, éléphants,
singes, chevaux...).
Les Tsiganes d'Europe
centrale capturaient
des petits ours,
les dressaient, après
ils les faisaient
danser sur les places.
D'autres
Voyageurs sont forains
et ont des stands
ou des manèges.